Chuchar-Rongphu(Everest)


carte jour 28
Résumé=Nous prenons le col de Maphu la et allons visiter le monastère de Shekar Dz. Puis passons les check-points et le col de Tse la avant de redescendre sur une vallée que nous allons remonter jusqu'au pied de l'Everest, au monastère de Rongphu.



Au petit jour nous sommes frappés par le nombre de véhicules et de camions qui roulent, bride abattue, vers Lhasa. Nous avons été plusieurs fois réveillés dans la nuit par le bruit des camions qui traversaient la ville sans ralentir. Nous apprenons qu'il y a eu cette année un grand pèlerinage au Mt Kaïlas, une des montagnes les plus sacrées du Tibet qui fait également l'objet de grands pèlerinages chez les hindous. Des milliers de tibétains des régions du Centre ont cassé leurs tirelires pour y participer. Ce qui frappe, c'est les conditions que ces gens vont endurer pour accomplir ce voyage. Le camion est jaune de poussière, de même que les occupants. Ceux-ci, en plein air et quelles que soit les conditions de temps, qu'il pleuve ou qu'il vente, de jour comme de nuit, la tête cachée sous un passe-montagne volumineux, s'accrochent désespérément aux ridelles du camion. Ce voyage d'une durée de trois jours non-stop serait un calvaire pour nous. Mais rien ne saurait arrêter les Tibétains dans l'accomplissement de leur foi. Le petit déjeuner est pris à "l'hôtel du Farmer". Hier soir, la salle était fermée ! Les 35 heures? Nous quittons Chuchar. Peu après avoir quitté la ville nous passons un check point à l'endroit où la route se divise en deux, celle de droite mène à Namling alors que celle de gauche mène à Shekar et la frontière népalaise. Nous empruntons cette dernière.


La route monte en suivant le lit de la rivière dans un paysage désertique et sans habitation jusqu'au col de Tse la (5264m).

Près du sommet, nous croisons de nombreux troupeaux de moutons.

le col après le col
Dans la descente sur la rive Ouest de la rivière, un petit village et sur un petit appui rocheux, le monastère de Tö.

Nous sommes très bien reçus mais le monastère est en reconstruction et je ne pourrai faire qu'un don assez modeste car je n'ai pas pu sortir suffisamment d'argent à Shigatse.

Nous redescendons la vallée et nous arrêtons dans la ville nouvelle de Baiba. La plupart des constructions sont tibétaines et nous trouvons un restaurant pour déjeuner. Pendant le repas, le guide se rend au bureau qui délivre le "pass" de la route de l'Everest. Il y a 7 ans, quand je suis passé à cet endroit, il n'y avait qu'un bâtiment chinois isolé au milieu de la plaine qu'on aurait pu confondre avec un blockhaus abandonné. Il semble que le pays jouit d'une certaine prospérité et que le nombre des habitations a certainement doublé depuis le départ du Dalaï-lama.


A Baiba, il y a le carrefour avec la route de Shekar qui se trouve à 8 kilomètres environ, dans une grande vallée à droite. Cette vallée se divise en deux devant Shekar.


En nous dirigeant dans cette direction, à droite, nous découvrons la nouvelle ville chinoise (ou Préfecture de Tingri) au pied d'une grande arête rocheuse qui sépare la plaine en deux. On voit alors en détails les ruines du fort qui dominait la vallée et celles du monastère au Nord (ou à droite) de l'arête rocheuse. Après les derniers bâtiments de la ville chinoise, nous arrivons dans la ville tibétaine de Shekar où nous quittons le Toyota pour emprunter une piste étroite qui grimpe au monastère par de multiples lacets. Le chemin est vraiment à sens unique si bien qu'on peut se poser la question de savoir, comment, dans le passé, autant de matériaux ont pu être transportés pour la construction de tous les édifices qui s'y trouvaient. Le monastère est au milieu d'un champ de ruines.


Il couvrait jadis une superficie dix fois plus importante que de nos jours. Nous franchissons une porte du mur d'enceinte par une série de marches car le relief est escarpé.


Nous visitons un Dukhang et une chapelle. Les bâtiments sont éparpillés de part et d'autre du chemin.


De cet endroit nous pouvons voir également l'importance du fort qui pouvait abriter des milliers de soldats.


Nous revenons au carrefour de Baiba et poursuivons la route vers le sud.
Nous arrivons bientôt à un autre check-point où des militaires chinois épluchent à nouveau nos papiers... La route de Tingri est plein Est.

le check-point au sud de Baiba  Après avoir franchi une vingtaine de kilomètres dans une vallée à gauche

Après avoir franchi une vingtaine de kilomètres, nous prenons une route qui s'engage dans une vallée à gauche, direction plein sud, et au premier village, nous tombons sur un second check-point qui vérifie que nous avons bien le "pass" pour accéder à Rong phu.


Il faudra franchir de nombreux lacets.

En arrivant au sommet du col de Tse la (5234m), le paysage n'est ni dégagé vers le Sud, ni dans les autres directions d'ailleurs. A défaut nous espérons avoir la vue sur l'Everest à Rongphu !


La chaîne de l'Himalaya semble encore très éloignée. Venant du Nord il semble qu'elle se dérobe au fur et à mesure que nous nous en rapprochons. Dans la descente, la route est en travaux ; cette partie est donc épouvantable. Cela fait bientôt un mois que notre colonne vertébrale est soumise à un régime d'enfer. Nous avons l'impression de reprendre haleine dans les portions où le chauffeur décide de couper à travers champs.


Nous redescendons dans une vallée fertile à cet endroit. Nous traversons Trashidzong et plusieurs villages avant de remonter la rivière qui nous conduit au monastère de Rongphu, à 6 kilomètres du camp de base de la face Nord.


La vallée est plus ou moins large puis s'élargit pour donner naissance à une plaine de graviers accumulés sur plus de 100m de hauteur. Quand la route bifurque, direction plein sud, elle est en V prononcée et les sommets de l'Everest et des pics voisins passent et repassent devant nos yeux émerveillés.

La piste est difficile et il y a des travaux ici et là.



En arrivant à Rongphu, nous découvrons en premier son grand chorten blanc. Le temps est encore un peu frais et la vue n'est pas complètement dégagée.

Mais l'Everest est bien là, avec de petits nuages légers qui masquent son sommet. Le guesthouse, bien séparé du monastère, se compose d'une série de baraques qui forment un L. Une quinzaine de touristes viennent d'arriver et nous rejoignent dans la salle du restaurant.


Comme dans tous les lieux publics en Chine ou au Tibet, le seul fait de s'asseoir fait arriver une jeune fille qui apporte du thé chaud. Nous soulevons le rideau de la fenêtre pour rechercher le moment où le sommet sera entièrement dégagé, apparemment ce ne sera pas pour ce soir. Le lendemain matin, le groupe a programmé de se rendre au camp de base à pied. Olivier se joindra à eux.

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